vendredi 31 décembre 2010

Mort d'Isabelle Caro, incarnation d'une souffrance socialement entretenue

Isabelle Caro-Campagne No-l-ita
Isabelle Caro est connue du grand public depuis la campagne publicitaire  No-anorexia No-l-ita dans laquelle elle pose nue pour le photographe Oliviero Toscani. Elle s'est éteinte en novembre 2010. L'information a été rendue publique  plus d'un mois après (le 29 décembre). Depuis, la presse est assez discrète. Néanmoins, j'aimerais, comme dernier hommage, dédier les quelques lignes qui suivent à Isabelle Caro que je ne connaissais pas autrement qu'à travers le personnage public qu'elle est devenue. J'aimerais exprimer ce que j'ai perçu en 2007 au moment de la campagne No-l-ita, campagne que j'ai utilisée lors de certains cours et qui, systématiquement, générait des débats passionnés autour de la normalité, de la féminité, de la maladie... Peu de supports médiatiques ont généré une telle tension parmi les étudiants et les étudiantes. Les jugements de valeurs spontanés, le dégoût, la gêne surtout, face au corps décharné d'Isabelle photographié par Toscani... toutes les réactions traduisaient le malaise social devant le corps anorexique.

Isabelle Caro et Oliviero Toscani
Je ne veux pas parler d'elle. Sur son histoire, quelques interviews sont disponibles en ligne (en français ou en italien). On peut également suivre Isabelle Caro dans l'émission Le Droit de savoir diffusée sur TF1 le 5 juin 2007, dans laquelle elle fait partie des jeunes femmes apportant un témoignage (le parti pris sensationnaliste de TF1 comme la posture médicale exposée dans le reportage mériterait par ailleurs un long article critique). Son livre,  La petite fille qui ne voulait pas grossir (Flammarion, 2008) constitue également une source d'informations pour les personnes qui voudraient en savoir un peu plus sur Isabelle Caro. Je ne parlerai donc pas d'elle, parce que je ne l'ai jamais rencontrée et que, de son histoire, je ne sais presque rien, malgré les quelques productions dont je viens de parler.
En revanche, j'aimerais apporter quelques notes sur ce que notre société fait au corps, sur la manière dont elle infléchit les comportements, dont elle modèle les idéaux corporels et sur les effets de quelques mises en image des corps, notamment dans la publicité et dans les médias marchands de masse.

D'une certaine manière, Isabelle Caro incarne le corps contemporain tout en renvoyant à des corps d'une autre époque, les corps faméliques des victimes de la guerre du Biafra exposés dans la presse occidentale à la fin des années 1960 ou les corps décharnés de Buchenwald. Les corps exposés des populations affamées dévoile le caractère insupportable de l'humanité: des prisonniers, des hommes, des femmes, des enfants, des innocents meurent des privations imposées par d'autres hommes. La faim comme arme de guerre.

Au-delà des corps de la guerre, Isabelle Caro incarne le corps contemporain, le corps de la misère. Elle rappelle les corps étiques des pauvres de tous pays, le corps de ceux qui mangent, à même le sol, les déchets emplissant les poubelles du trop plein de la société de consommation alimentaire. Les corps des loqueteux qui se trainent à Bombay ou Casablanca, qui attendent patiemment l'heure de la fin du bureau pour investir le Downtown de Los angeles, qui meurent de froid le ventre creux sur les trottoirs de Paris, sont les corps que l'on préfèrerait ne pas voir (ou alors seulement sur TF1 ou M6, histoire d'éprouver de saines émotions entre deux coupures publicitaires incitant à consommer plus). Ce sont tous ces corps qu'exhibe Isabelle Caro.
Bergen-Belsen en couverture

La mise en scène minimaliste de Toscani a choqué. Car le corps d'Isabelle Caro est précisément un de ces corps que l'on n'exhibe pas, un de ces corps qu'on faint de ne pas voir lorsqu'on les croise, un de ces corps qui ne gênent pas tant qu'ils sont reclus, cloîtrés, hospitalisés, ou cachés dans la rue d'à côté.

Le corps malade n'a de place dans l'espace public que lorsqu'il est esthétisé pour "la bonne cause", à condition toutefois qu'il ne soit pas trop abîmé. Des projets comme le Scar Project du photographe David Jay contre le cancer du sein, ou la campagne No-anorexia No-l-ita posent problème car, malgré la mise en scène, ils montrent des corps marqués par la maladie, trop marqués pour être publicitairement corrects (le marquage du corps tatoué des lettres "H.I.V. positive" photographié par Toscani pour la marque Benetton relève d'une autre démarche puisqu'il ne s'agit pas d'une campagne de prévention à proprement parler, même si l'image dénonce la stigmatisation dont sont victimes les porteurs du vih).
C'est au nom de la "bonne cause" qu'Isabelle Caro a posé en dévoilant son corps. Le combat dans lequel elle s'est engagée, à travers cette campagne n'est pas un combat par procuration. Ce combat est son combat, celui contre sa propre souffrance, partagée par des milliers de personnes (majoritairement des femmes). En s'exposant, elle a accepté de se montrer, mais surtout, elle a montré son corps meurtri par le combat contre la nourriture qui est aussi un combat contre la société.

Car le combat contre elle-même exposé par Toscani (le combat pour en finir avec l'anorexie) est venu en réaction à un autre combat, antérieur, celui-ci, qui traduit la place paradoxale de la nourriture dans notre société. L'alimentation constitue une réalité hautement culturelle. Si l'espèce humaine éprouve des besoins pour la survie de l'organisme, les sociétés humaines rendent désirables certains aliments et certaines manières de se nourrir. Or (j'écris ces lignes à quelques heures d'un réveillon du jour de l'an qui va se traduire par le gavage et l'alcoolisation d'une grande partie de la population), nous vivons dans une société qui incite d'un côté à consommer de l'aliment sous différentes formes – le plus souvent à travers des "prêt-à-manger" rendus désirables par le marketing agro-alimentaire relayé par la grande distribution – tout en invitant, de l'autre côté, à être attentif à sa ligne. Pour le dire vite, la publicité invite d'un côté à se bâfrer et de l'autre à ne pas grossir, à se remplir et à rester mince.
Si l'anorexie est identifiée comme une maladie mentale, elle possède toutefois un ancrage social. Dans une société où le corps valorisé est un corps mince et où une bonne partie de la production culturelle vit des annonces incitant à la consommation, il y a de quoi tomber malade. Il y a de quoi devenir fou, ou devenir folle. Cet effet des injonctions paradoxales (double bind en anglais ou double contrainte) concernant l'alimentation et terrible. Et le corps imaginaire de la personne en souffrance (ici la personne anorexique) ne vient pas de rien, il se construit dans la mise en image sociale du corps qui sur-valorise la minceur, dans les messages constants à "faire attention" à sa ligne, à "ne pas prendre de poids" même pendant les fêtes ou encore à "perdre une taille" de pantalon (quand ce n'est pas deux) avant l'été. Les comportements anorexiques sont produits par des personnes qui ont totalement intégré l'idéal: pas un gramme de trop. L'anorexie mentale est une pathologie sociale.

Elle vient de l'éloge d'un corps maîtrisé que fait notre société tout en produisant du désir de consommation: Régimes, produits allégés et taille mannequin ont à composer avec les invitations à manger salé, sucré, peu importe, mais à manger. Certes, tout cela n'est pas nouveau. Dans La Société de consommation, en 1970 il y a donc quarante ans, Jean Baudrillard affirmait déjà que le corps est le plus bel objet de consommation. Cet ancrage social de la consommation alimentaire contradictoire (d'un côté l'incitation à consommer, de l'autre celle de mincir) se prolonge et, années après années, génère du malaise chez des jeunes filles qui s'aperçoivent à l'adolescence qu'elles deviennent femmes... et que leur corps s'arrondit.

Une analyse approfondie de la presse féminine, depuis la presse pour jeunes filles jusqu'à la presse pour femmes mûres (je parle là comme parlent les médias marchands qui "ciblent" leur clientèle pour séduire leurs annonceurs) rendrait compte de cette injonction paradoxale constante à laquelle les femmes sont soumises. Il y a à interroger socialement (et non seulement médicalement) la vulnérabilité des femmes, la façon dont leur corps devient vulnérable par l'appel incessant au régime, par la médiatisation constante de la minceur, par l'offre marchande de la consommation du rêve corporel à travers les magazines, les ouvrages des gourous des régimes et les pages de mode... par la valorisation de corps improbables.

Il existe en effet un contexte déclencheur des comportements pathologiques qui trouvent leur origine dans la souffrance née du décalage entre un idéal corporel et la perception du corps réel. La construction sociale du désir de devenir maigre, d'échapper aux rondeurs, n'est pas anodine. Certains contextes ont fait l'objet d'une prise de conscience. Le milieu de la mode s'est interrogé, sans toutefois modifier son fonctionnement. Le fait de poser une limite interdisant aux mannequins trop maigres peut se comprendre comme une discrimination rendue légitime au nom de la protection de ces mêmes mannequins. Néanmoins, les corps exposés dans les défilés restent des corps choisis pour leur minceur, si ce n'est leur finesse.
D'autres contextes posent problème, tout en étant moins interrogés, comme le contexte sportif. En gymnastique, par exemple, de très jeunes filles doivent se livrer à des privations quasiment inhumaines imposées par leur entourage au prétexte que ces privations seraient les garantes d'un corps performant, un corps qui, entrant dans la maturité de la féminité, perdrait en efficacité. Dans les sports à catégories de poids des comportements alimentaires proprement hallucinants sont entretenus et supportés nom de la performance.


Un autre aspect du scandale de la mise en scène du corps d'Isabelle Caro se situe dans le rapport à l'érotisme. Si le corps des femmes peut légitimement s'exposer dans la publicité, c'est de trois manières. La première, c'est pour exprimer le statut social d'une femme. Le plus souvent, la femme est mère de famille et s'occupe du foyer. Elle fait à manger ou le ménage, sourire aux lèvres, dans une maison de rêve, sans une ride ni un gramme en trop. Ce qui compte là, n'est pas le corps mince, mais l'illustration d'un rôle social. Que le corps d'une mère de famille soit choisi parmi les corps jeunes et minces des agences de casting est déjà un indicateur de la valorisation d'une apparence, y compris pour valoriser autre chose que le corps lui-même.
Le second usage du corps des femmes se fait pour exprimer la féminité. Les codes sociaux de la féminité sont utilisés pour vendre les produits qui permettront de la souligner (donc de la travailler dans le sens d'une mise en conformité avec les codes valorisés par la publicité). La promotion de shampoings, vêtements, maquillage, donne ainsi lieu à la mise en scène de modèles de féminité qui, à l'exception de quelques campagnes comme la campagne Dove sur la vraie beauté, sont associés à la minceur et à la jeunesse.
Enfin, le dernier usage du corps des femmes dans la publicité consiste à en exploiter la charge érotique.
C'est ce qui donne lieu à l'association entre un corps de femme et un produit qui n'a rien à voir avec la présence de ce corps (par exemple, une voiture). Le principe consiste à associer le désir sexuel pour une femme au désir d'acquisition du produit en question. Ces publicités considérées comme sexistes sont par exemple combattues par l'association La Meute.

Or, le scandale de la publicité où figure Isabelle Caro vient aussi du fait qu'elle expose un corps nu, non érotisé et non érotisable. Son corps est non seulement marqué par la maladie, mais il échappe au regard habituellement porté sur le corps des femmes dans la publicité. Les réactions spontanées des étudiants avec lesquels nous avons travaillé sur cette campagne étaient absolument explicites. "On ne peut pas montrer une femme comme ça, d'ailleurs, ça n'est pas (ça n'est plus) une femme." Une femme doit être désirable. L'injonction à paraître se double d'une injonction à séduire. Afficher un corps qui ne peut pas être désiré, ne pas entrer dans le processus d'érotisation du corps d'une femme exposée choque peut-être plus que l'affichage du corps malade.

Enfin, je ferai une dernière remarque concernant le contexte social qui rend possible l'émergence de l'anorexie dite mentale et le désir de maigreur.
Cette remarque vient de l'envahissement des médias par le combat de notre société contre les effets de son propre fonctionnement. Je veux parler de la lutte conte l'obésité qui est aussi, nécessairement, une lutte contre les personnes obèses qui engendre une dévalorisation des gros et des grosses, et en négatif, une valorisation du corps mince. Cette lutte apparaît même comme une finalité de l'éducation physique scolaire: il s'agit alors de faire de l'exercice pour brûler des calories au lieu de profiter d'une activité corporelle ludique pour engendrer un rapport positif à son propre corps, un rapport au plaisir ressenti dans l'expérience corporelle.
Nous assistons ici à une transformation contemporaine du corps qui s'oriente vers une normalisation de l'apparence: ni gros, ni maigre. La parole est à la médecine et à ses courbes de croissance. La normalité est quantifiée, la corpulence mesurée, la santé calculée.

Un des enjeux éducatifs, au-delà de la construction d'une attitude critique vis-à-vis des injonctions à la consommation corporelle, réside alors dans l'apprentissage de la possibilité d'être bien dans son corps, mais aussi dans l'apprentissage de la différence, et dans l'apprentissage du regard porté sur autrui comme du regard porté sur soi par autrui.

jeudi 25 novembre 2010

Autour des violences conjugales: la prise en charge des auteurs de violences

Le colloque organisé par l'association Filactions et accueilli ce 25 novembre 2011 à l'IUFM par la mission pour l'égalité entre les femmes et les hommes de l'Université Lyon1 était consacré à la prise en charge des auteurs de violences conjugales.
Près de 30 ans après le Québec, la France se saisit de la question.

Les intervenants ont rendu compte de leur expérience de suivi d'auteurs de violences, que cela soit en milieu hospitalier (Jacques Laporte), en milieu pénitentiaire ou en milieu ouvert (Nathalie Munch et Stéphanie Cava du Service Pénitentiaire d'Insertion et de Probation - SPIP -  de Lyon), ou encore dans le cadre d'une association de prise en charge de conjoints violents (Odile Nesta-Enzinger, association Passible, Grenoble)
Les comptes rendus attestent de l'intérêt d'une prise en charge des auteurs de violences dans le cadre de programmes de prévention de la récidive. Le public dont il était question était essentiellement un public relevant de l'injonction judiciaire, même si l'association Passible de Grenoble a rapporté quelques volontaires consultant librement.
La prise en charge d'auteurs de violences condamnés pour leurs actes paraît donc nécessaire.Cependant, la notion d'injonction de soins dont s'accompagnent certaines condamnations implique une perception des auteurs de violences comme des malades qu'il s'agirait de soigner. Or, selon Odile Nesta-Enzinger, les personnes souffrant de troubles psychopathologiques ou les personnes perverses ne constituent qu'une part infime des auteurs de violence. La majorité des auteurs de violences sont au contraire des personnes normales au plan psychologique. En revanche, selon la gravité des actes qu'elles ont commis, elles entrent dans les catégories pénales de délinquants ou de criminels, pour la seule raison qu'ils ont commis ces actes, et quelles qu'en soient les raisons.
La difficulté consiste précisément à tenir compte de la normalité des individus qui commettent des actes condamnables, à ne pas en faire des monstres, pour mieux saisir les mécanismes qui les poussent à agir ainsi. Une autre difficulté réside dans la nécessité de distinguer les différents types de violences et la pluralité des logiques qui les génèrent. C'est pour cela que le travail engagé par Stéphanie Cava et Nathalie Munch dans le SPIP de Lyon semble pertinent. En s'appuyant sur des groupes de parole organisés avec des personnes condamnés pour des violences, elles font émerger non seulement ce qui pousse à agir, ce qui déclenche la violence, mais permettent également, pour les hommes violents, de prendre en compte la victime de leur violence, et à la considérer à nouveau comme un sujet.

La question de la relation a paru en effet se situer dans l'arrière-plan des discussions. Or, la violence résulte d'une relation. L'enjeu scientifique réside dans la compréhension des mécanismes d'interaction qui conduisent à des réponses violentes. L'enjeu éducatif se situe au plan de l'éducation au respect d'autrui afin de rendre acceptable le conflit et possible la négociation. Car une chose est ressortie de toutes les interventions, c'est qu'il y a violence là où une parole respectueuse est impossible.

samedi 20 novembre 2010

le sexe, c'est pour la vie

J'ai été surpris de trouver dans le Midi-Libre (surpris parce que le Midi-Libre n'est pas le journal le plus progressiste sur la question) un court texte sur un sujet peu abordé en France, celui de la sexualité des anciens.
L'article est court, mais le message clair: le sexe, c'est bon pour la santé.
Pour s'en convaincre (même si les arguments sont peu développés), consultez l'article de Claire Jambet, la correspondante du Midi-Libre à Jacou, petite ville proche de Montpellier:

"sexualité sans tabous pour les personnes âgées"

Le chemin est encore long pour envisager la prise en compte de cette évidence dans les maisons d'accueil de Séniors ou dans les représentations populaires. L'image du vieux satyre a encore de belles années devant elle. Néanmoins, l'attention portée à la sexualité des Séniors est un pas de plus vers la prise en compte de la différence et l'acceptation de l'idée que la sexualité constitue une activité que tout le monde peut librement exercer.
En quarante ans, la sexualité est sortie de la norme du couple marié. Non pas qu'elle n'existait pas avant en dehors du couple, mais depuis le début des années 1970, les représentations de la sexualité et celles des divers groupes sociaux ont engendré une acceptation de son usage en dehors de la légitimité du couple (voir sur ce point Serge Chaumier, La Déliaison amoureuse, Armand Colin 1999).
Elle est progressivement devenue socialement acceptable pour les jeunes (pensons au tract "Apprenons à faire l'amour" distribué par le Dr Carpentier en 1971).  Pour les femmes (au moment ou sont fêtés les 40 ans du MLF), il est possible de rappeler le slogan "notre corps nous appartient" et les conséquences des mouvements militants sur ce qui a été appelé "la libération sexuelle". Pour les homosexuels des deux sexes également, le militantisme enclenché au début des années 1970 (Le FHAR, Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire est lui aussi créé en 1971) a conduit à considérer l'homosexualité comme une sexualité humaine et non plus comme une activité "contre-nature". Pour les personnes handicapées, le débat est lancé, certes timidement, mais il l'est tout de même par les associations de parents, de personnes handicapées et pénètre dans les institutions, même s'il donne lieu à une confusion avec la prostitution (pour approfondir la question, voir le projet Sexualité et Handicap en Institution de l'Université de Nancy ou encore le blog de Stéphanie, "Handicap et Sexualité, parlons-en, mais bien" ou la lettre ouverte de Marcel Nuss à Roselyne Bachelot).
"Les personnes âgées", appelées poliment Séniors, fournissent aujourd'hui une nouvelle catégorie de population pour laquelle la sexualité devient acceptable. Ce qui est amusant d'ailleurs dans l'article ci-dessus, c'est que c'est au nom de la santé des Anciens que la sexualité est convoquée. L'accès de tous à la santé (comprise comme un état de complet bien-être, physique, psychique et social), par la sexualité, c'est un beau programme...

Pour prolonger le débat, lire "Ces “Vieux” qui se battent pour leur liberté sexuelle" par Elisabeth Berthou
un article du Figaro qui rapporte les conclusions d'une enquête américaine dont vous pouvez lire le compte rendu  ici (english only)

mercredi 17 novembre 2010

Débat sur l'éducation physique et la compétition lors des EPSiliades 2010

Invité aux EPSiliades, du 12 au 14 novembre, j'ai pu constater la soif de débat et de discussion des enseignants d'éducation physique. Le programme a en effet permis d'intervenir sur des thématiques très larges par rapport auxquelles l'enseignement en général, et celui de l'éducation physique en particulier, doit se positionner. Certes, il a été question d'EPS, mais les débats ont su dépasser les simples questionnements de type instrumental, didactique ou technique pour se situer au plan éducatif, culturel, éthique et, bien sûr, politique. Interroger la culture (et les différents niveaux dont elle est constituée), interroger les médias, interroger les institutions de formation, interroger l'école, interroger le sport bien sûr dans ses différentes réalités, c'est se positionner dans un combat pour des valeurs, mais c'est aussi se donner les moyens d'adopter une posture claire tant au plan politique qu'au plan philosophique

Romain Barras, Philippe Liotard, Jules Lafontan, Stéphane Diagana, Maxime Travers
Lors des tables rondes, j'ai été amené à intervenir sur deux thématiques. Chacune d'elle a fait apparaître les enjeux éducatifs actuels et la nécessité de réfléchir aux valeurs, dès lors que l'on s'inscrit dans un projet d'éducation. L'une comme l'autre ont été largement suivies et les débats aussi nourris qu'éloignés d'une pensée unique.

La première, intitulée "La compétition dans le sport: solidarité ou exclusion?" a tenté de répondre aux questions suivantes: Quelles valeurs les compétitions sportives peuvent-elles véhiculer? En quoi participent-elles à l'idéologie néolibérale? A quelles conditions la compétition sportive, y compris en EPS, peut-elle construire une émancipation solidaire? Pour répondre à ses questions, Stéphane Diagana, ancien champion du monde du 400m haies, Romain Barras, champion d'Europe de Décathlon, Maxime Travers et moi-même.
Sur cette thématique, deux billets ont été publié. L'un présentait ce débat comme le fait du jour du 15/11/2010. Le second rapportait les grands axes de la mise en question de la compétition.

La seconde table ronde portait sur la question de l'égalité des sexes en (et par) l'éducation physique scolaire.  Elle aussi était organisée à partir d'une question "Une EPS pour tous-tes: l'égalité des sexes en EPS, une utopie?" Pour débattre, Catherine Patinet, professeure d'éducaiton physique ayant réalisé une thèse sur la question, la philosophe Geneviève Fraisse, et moi-même. Un bref compte rendu de la table ronde a été publié ici.

Sous très peu, je développerai ce billet pour y mentionner les points du débat qui me paraissent les plus importants à prolonger.
Une chose est sûr, le débat sur les valeurs de l'éducation physique, notamment à travers celles du sport, de la compétition et de la performance ressurgit, après de nombreuses années de somnolence.

Un compte rendu de l'évènement sur le post
mis à jour le 22/11/2010

mercredi 10 novembre 2010

Une vidéo de la 4e édition de la Journée Nationale des DYS

Une vidéo mise en ligne par Poonam Cazorla Roosz : 4e édition de la Journée Nationale des DYS [HQ].
Sur cette vidéo, des extraits des ateliers et tables rondes qui se sont tenus à Paris, le 10/10/10 dans les locaux de l'ADAPT... pour le second atelier du comité interdisciplinaire d'études sur la dyspraxie organisé dans le cadre de la 4è journée nationale des DYS
Jean-Marc Roosz,  président de l'association Dyspraxique mais Fantastique (DMF), introduit les travaux en compagnie de Renan Luce, parrain de l'association.
Un atelier, animé par Amélie Gape, enseignante spécialisée dans les troubles DYS, permet aux adultes de vivre les contraintes qui pèsent sur les enfants dyspraxiques lors de la réalisation de tâches scolaires apparemment anodines...
Pierre Millerat, de l'association DMF, présente le déroulement des tables rondes.

J'y anime une discussion autour des enfants dyspraxiques dans le cadre scolaire à partir de la sixième minute.
Le son n'est pas très bon, mais suffisamment précis pour suivre la discussion...

Mise à jour d'avril 2011: deux autres vidéos de la conférence tenue pour la journée dys du 8 octobre 2010 à Lyon: Enfants dyspraxiques, l'école comme handicap? A partir de ce lien, il est possible de consulter l'intégralité des conférences et  des débats qui se sont tenus lors de cette soirée.

mardi 9 novembre 2010

"Mutantes", un dvd de Virginie Despentes autour du féminisme porno punk

Mutantes de Despentes
hors-circuits - dvd mutantes féminisme porno punk - virginie despentes

Ce billet sera court, car  la présentation du DVD de Virginie Despentes sur le site d'Hors-circuits (sur lequel il peut aussi être commandé) n'est pas faite par de jeunes publicitaires sortis d'une école de marketing, mais par une connaisseuse, en la personne de Stéphanie Heuzé (à qui l'on doit Changer le corps, La Musardine, 2000).

Il suffit donc de mentionner l'intérêt d'un tel document pour la compréhension du post-porn feminism (du féminisme post-pornographie en français) et plus largement pour interroger la place de la pornographie dans le débat féministe contemporain français.
Apocalypse bébé
Prix Renaudot 2010
En effet, Virginie Despentes ne se contente pas d'interviewer Catherine Breillat ou Coralie Trinh Thi, ce qui en soit constitue déjà un gage de qualité dans la distribution et  la finesse du propos. (Coralie Trinh Thi ici chez Ardisson, il y a mieux sans doute comme vidéo, mais elle est avec Virginie Despentes, il y a dix ans, déjà 10 ans... pour la sortie du film Baise moi).  Virginie Despentes invite aussi dans son dvd des figures historiques comme Annie Sprinkle (dont le Post Porn Feminist n'est toujous pas traduit en français), Lydia Lunch (dont l'ouvrage Will work for drugs a été traduit par Virginie Despentes et Wendy Delorme aux Editions du Diable Vauvert sous le titre Déséquilibres synthétique), Del Lagrace Volcano ou encore Beatriz Preciado...
La distribution n'est pas exhaustive, mais elle expose, à travers une vingtaine d'entretiens la place du sexe dans le travail de création, dans les revendications identitaires, dans l'activisme politique... La parole des actrices, créatrices, activistes est ici livrée sans filtre, sans jugement de valeur, ce qui permet d'accéder à leur démarche, ce qui est suffisamment rare.
Par ce dvd, Virginie Despentes atteste qu'elle sait faire autre chose qu'écrire. Elle illustre également que la description de certaines scènes situées à Barcelone dans son dernier roman Apocalypse bébé (qui vient d'obtenir le prix Renaudot 2010), relèvent d'une compréhension très fine du social, d'une connaissance "de terrain" quasiment anthropologique, là où certains critiques (?) ne voient qu'une provocation facile.

un extrait de Mutantes avec Annie Sprinkle

jeudi 4 novembre 2010

Parution de l'éternel singulier. Ouvrage collectif sur les handicaps

L'éternel singulier - Questions autour du handicap vient de sortir aux éditions Le Bord de l'eau. Il articule des témoignages de personnes handicapées et des analyses sur leur place dans la société, dans l'entreprise... des réflexions sur le corps, le regard porté sur l'autre, différent...

Cet ouvrage résulte d'une initiative de la mission handicap d'ERDF qui s'est traduite par des conférences-débats dans plusieurs régions françaises selon un même canevas, initiative pilotée par Gyslaine Prost (télécharger le dossier de presse). Il s'agissait de présenter à la fois le témoignage d'une personne de l'entreprise touchée par un handicap et la réaction d'un-e scientifique ou d'un-e intellectuel-le à ce témoignage, avant de débattre avec l'assistance. Le livre rassemble à la fois les témoignages et le propos des philosophes, anthropologues, sociologues, médecins...

En voici la présentation faite par l'éditeur:
"Ce livre propose neuf études sur les situations de handicap. Il réaffirme, grâce à la mise sur la scène publique des droits de l’homme, que ces situations, à la naissance ou acquises, ne mettent pas en cause la qualité inaliénable d’être humain - évidemment. Surtout, son titre, L’éternel singulier, souligne l’irréductibilité du vécu de la personne en situation de handicap. Si l’accent est mis sur les individus, ce livre explore également les médiations contextuelles dans lesquelles s’inscrit le handicap vécu en première personne. À l’évidence, la société (les représentations du corps, les logiques sociopolitiques et les paradigmes intellectuels dominants) se reflètent dans le miroir du handicap, et donc conditionnent les voies de l’intégration des personnes handicapées. Ce livre est aussi une recherche sur les matrices de l’intolérance, dans diverses sociétés, occidentales ou non, d’aujourd’hui ou du passé. Quels sont ces modes de pensées archaïques et contemporains qui cohabitent et donc configurent le regard posé sur le handicap ? Quels sont les lieux d’exercice et de perpétuation de cette intolérance ? Comment couper à la base les constructions idéologiques qui la sous-tendent ? Enfin, cette somme de réflexions entretissent les analyses de disciplines différentes : ethnologie, anthropologie, sémiologie, philosophie, sociologie, science politique, médecine, etc.
Toutes ces contributions sont précédées d’un bref récit de vie, et donc leur développement respectif ancré dans l’expression du sentiment immédiat qu’une personne handicapée a d’elle-même, de sa situation."

Avec des contributions de Robert Misrahi, Jean Claude Ameisen, Benoît Heilbrunn, Françoise Héritier, Mark Hunyadi, Guillaume le Blanc, Philippe Liotard, Joseph Maïla, Éric Minnaërt

mercredi 3 novembre 2010

Programme de la Biennale Universitaire pour l'égalité entre les Femmes et les Hommes

Biennale pour l'égalité
entre les Femmes et les Hommes
Université Lyon 1
15-25 mars 2011
ACTUALITE du 16 juillet 2012:  Pour accéder aux Actes de la Biennale 2011 en ligne, cliquer ici.

Les inscriptions sont ouvertes pour la première Biennale universitaires pour l'égalité entre les Femmes et les Hommes.

L'Université Lyon 1organise sa première biennale pour l'égalité entre les Femmes et les Hommesplacée sous le Haut parrainage de la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Dans le cadre de sa politique visant l’égalité entre les Femmes et les Hommes, l’Université Lyon 1 (France) institue une
Biennale Universitaire pour
l’Egalité entre les Femmes et les Hommes
du 15 au 25 mars 2011
.
Respectueuse des grands axes de la Convention interministérielle pour l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif du 29 juin 2006, l’Université Lyon 1, s’est dotée d’une Charte pour l’Egalité entre les Femmes et les Hommes signée par son Président, Lionel Collet, le 18 décembre 2007. Cette charte a été adoptée par la Conférence des Présidents d’Université (CPU), deux ans plus tard, en décembre 2009.


Biennale universitaire pour l'égalité
entre les Femmes et les Hommes
Université Lyon 1
La mise en oeuvre de la charte s'appuie sur une mission pour l'égalité entre les Femmes et les Hommes. La mission propose les grandes orientations pour une politique égalitaire à l’Université Lyon 1. Ces orientations touchent les domaines de l’enseignement, de la formation des personnels, de l’orientation et de l’insertion professionnelle des étudiant-e-s, de la recherche, de la diffusion des connaissances, de la prévention des violences sexuelles, sexistes et homophobes et de la collaboration internationale.

Outil de cette politique, la Biennale vise à impulser une réflexion plurielle et rigoureuse sur la question de l’égalité entre les hommes et les femmes à l’Université mais aussi à partir de l’Université, sur tous les points précédents. Ses objectifs sont de trois ordres :

1) faire le point sur les orientations politiques en faveur de l’égalité, et sur leurs mises en œuvres, en France, en Europe, ainsi que dans d’autres universités francophones.

2) interroger les politiques en faveur de l’égalité, dans leurs spécificités comme dans leurs complémentarités. Il s’agira de questionner les conséquences des termes utilisés pour orienter ces politiques, comme par exemple, « égalité entre les femmes et les hommes », « égalité des chances », parité, diversité, lutte contre les discriminations, etc.

3) Enfin, le troisième objectif consiste à positionner l’Université comme un pôle de ressources en matière de formation aux questions du genre et de l’égalité, dans les domaines de la santé, de l’Education, de la prévention des violences, de la lutte contre les stéréotypes et les discriminations.

Pour atteindre ces objectifs, plusieurs actions ont été programmées sur les dix jours de Biennale
Parmi elles, figurent trois moments forts correspondant à trois niveaux d’analyse et d’implication




Par ailleurs, d’autres actions sont prévues en direction des étudiants et des personnels de l’Université Lyon 1, mais aussi du grand public. Durant les dix jours de la Biennale, en effet, des manifestations culturelles et festives se tiendront sur divers sites universitaires et non universitaires de l’agglomération lyonnaise.
Parmi ces manifestations, des expositions, conférences, débats, mais aussi le lancement, en clôture de la biennale du deuxième Printemps de la Jupe et du Respect de Lyon.

mardi 2 novembre 2010

Premier entretien pour le projet d'étude sur la dyspraxie

Ce soir, je réalise le premier entretien concernant l'étude sur les jeunes dyspraxiques. L'étude se propose d'analyser la vie quotidienne des enfants dyspraxiques en contexte scolaire puis d'observer, pour les plus âgés leur insertion dans le monde du travail. L'enjeu consiste à identifier tous les problèmes rencontrés au jour le jour, malgré la reconnaissance par les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) , les Plans Personnalisés de Scolarisation (PPS) et l'ensemble des aides apportées. De même il s'agit de repérer comment préparer puis accompagner les personnes recrutées en entreprise sur des emplois aidés.

L'étude est nationale. Elle est réalisée auprès de jeunes dyspraxiques garçons et filles, auprès de leurs parents, auprès de professionnels de la santé et de l'éducation, auprès de responsables associatifs, auprès d'entreprises. Elle se déroule sur trois ans.
Cette étude est réalisée pour l'association Dyspraxique mais fantastique (DMF), avec un financement de la mission handicap d'ERDF.

Si des personnes veulent participer à l'enquête, vous pouvez me contacter. Il importe que vous ayez un enfant diagnostiqué dyspraxique, scolarisé ou l'ayant été.
Ou bien, si vous êtes un ou une professionnel-le travaillant ou ayant travaillé avec des enfants ou de jeunes dyspraxiques.
Ou bien encore, si vous êtes vous-même dyspraxique, scolarisé-e, professionnalisé-e ou sans emploi.
envoyez-moi un message avec vos coordonnées à l'adresse suivante:
philippe.liotard [à adresser à] univ-lyon1.fr
(en remplaçant [à adresser à] par @)

lundi 1 novembre 2010

Premières acquisitions en vue de l'étude sur la précarité à Lyon

Voici quatre ouvrages achetés pour "me mettre dans le bain". Quatre ouvrages relevant de projets différents, mais que j'ai sentis comme utiles pour lancer la réflexion... avant le travail de construction de l'enquête proprement dite:

• Sébastien Chauvin, Les agences de la précarité. Journaliers à Chicago, Paris, Seuil (collection Liber), 2010.
• François Chobeaux, Intervenir auprès des jeunes en errance, Paris, La Découverte (Alternatives sociales), 2009.
• Philippe Corcuff, La Société de verre. Pour une éthique de la fragilité, Paris, Armand Colin, 2004 (à 30€30, l'éthique de la fragilité ne s'affranchit pas de l'éthique du capitalisme ;-)
• William T. Vollmann, Pourquoi êtes-vous pauvres?, Arles, Actes Sud (Babel), 2008

L'enquête en question porte sur le rapport au corps et les pratiques corporelles de personnes en grande précarité dans l'agglomération lyonnaise. Elle devrait débuter d'ici la fin de l'année 2010

dimanche 31 octobre 2010

une interview de Lukas Zpira sur laspirale

avec Lukas Zpira et Pierrick Cart1 chez Marquis
Laurent Courau (http://www.laspirale.org) réalise une nouvelle interview de Lukas Zpira

Lukas Zpira se définit comme un Body Haktivist, un Body Hacker proposant de "pirater le futur" par le corps (voir ses blogs: hackingthefuture, ou le plus récent lukaszpirapropaganda)... et qui, il y a déjà 10 ans, m'avait invité à m'immerger dans le monde des bodmods (comprenez des modifications corporelles, contraction venue de "body-modifications"), en Avignon, à l'occasion d'Art-Kor.00, d'avril à octobre 2000. Cette invitation m'avait été faite suite à la lecture par Lukas Zpira de l'article que j'avais produit dans la revue Quasimodo sur Bob Flanagan et grâce auquel il avait pris connaissance de mes réflexions d'alors sur le corps. C'est à cette époque que Laurent Courau publiait dans laspirale la première interview d'Ann et Lucas Zpira.

Dix ans se sont écoulés, donc, durant lesquels Lukas Zpira est venu régulièrement présenter ses projets et ses créations à Laurent Courau.
Courau-Zpira, le duo nous fournit ainsi une sorte de chronique des années bodmods. Entre les premières interrogations sur le piercing et les perspectives de customisation du corps via les puces RFID et les implants de toute sorte, Lukas a rencontré sur la planète toutes celles et tous ceux pour qui le corps est un outil de (dé)construction de soi, à travers son Crazy Bodmods Tour.
Lire la succession des interviews de Zpira sur laspirale jusqu'à celle de septembre 2010, c'est donc un peu parcourir le monde. Le monde des modifications corporelles, à travers l'expérience des modifications successives du corps de Zpira et de celle des Freaks qu'il a rencontrés un peu partout. C'est aussi accéder à une vision du monde, transmise par le regard que porte Lukas Zpira sur les marges, celles où les corps se rassemblent pour se bidouiller, et dont il nous livre les images.

Le corps au centre des réflexions

Ron Athey - Borderline Biennal 2007 - Pics byLukas Zpira
Première note de ce nouveau bloc-notes.

L'idée de ce blog: rendre disponibles des réflexions et des travaux sur mes thématiques de travail, qu'il s'agisse de recherche ou de formation, de conférences...
Ce n'est donc pas, à proprement parler un "blog perso", mais plutôt un blog para-professionnel, qui vient en complément des ouvrages, des articles, des cours réalisés et des informations diffusés sur le site du Centre de Recherche et d'Innovation sur le Sport (CRIS) jusqu'en 2015, puis, à partir de 2016, du Laboratoire sur les Vulnérabilités et l'Innovation dans le Sport (L-VIS) de l'Université Lyon 1 toujours.

Surtout, c'est un lieu de réflexion qui prolonge les terrains arpentés avec Quasimodo.
Il a pour vocation de rendre disponible certains travaux et de recevoir les remarques et questions qui peuvent se poser sur les thématiques qui sont les miennes mais qui n'ont pas nécessairement donné lieu à des recherches académiques:

• le corps dans ses modifications contemporaines, qu'ils s'agisse des modifications de l'apparence (tatouage, piercing, scarifications, implants...) ou de modifications touchant à sa fonctionnalité (dopage, amplification du corps, usage des technologies, appareillage) ou encore à son état (thérapies, techno-sciences, bioéthique...). Ces thématiques m'ont amené, par exemple, à explorer le travail de Bob Flanagan, Ron Athey, Lukas Zpira...

• le corps dans ses modalités d'expressions contemporaines (body-art, arts de la performance, mise en scène médiatique du corps dans la presse, notamment la presse dite féminine, la télévision, le cinéma, la pornographie...)

• le corps dans ses implications identitaires, rapportées au genre, à la construction de soi par l'apparence ou l'expérience corporelle (construction sociale du genre, transidentité, féminités et masculinités, corps à l'adolescence...)

• le corps et ses fictions, ses figures, ses images (celles de la normalité et du handicap, celles de l'étranger, de l'Autre, du masculin, du féminin, de l'érotisme...)

• le corps dans son rapport au plaisir (activités physiques ludiques, récréatives ou de loisir, sexualité...)

• le corps et les violences (sexuelles, sexistes et homophobes, physiques, morales et psychologiques, instituées...)

catalogue de l'expostion
Qu'est-ce qu'un corps?
Musée du Quai Branly
2006
• le corps "éduqué" ou dit autrement l'éducation corporelle, par le sport, l'éducation physique, mais aussi par tous ces petits détails, toutes les injonctions qui viennent de l'environnement et qui contribuent à la transmission d'une culture corporelle et à son intériorisation par le corps (son incorporation)

Un lien vers certaines des personnes rencontrées depuis le début de ces réflexions sur le corps... et que je remercie ici