mercredi 24 mai 2017

Et j'ai reçu mon épitaphe – Fosse commune par LMG


épitaphe: subst. fem.
1. Inscription mise sur un tombeau pour rappeler le souvenir d'une personne morte (soit par la simple mention de son nom, de ses dates, soit par un texte évoquant souvent de façon élogieuse sa personnalité ou les principales étapes de sa vie)

2. Tablette fixée sur le mur d'une église, sur un pilier, et portant une inscription funéraire
 
fosse commune: fosse ou tranchée creusée dans le sol destinée à y entasser des cadavres (les fosses communes sont plutôt réservées soit aux pauvres, soit aux morts non identifiés tués lors de catastrophes, d'épidémies, de guerres ou de révolutions)


Le 20 mai 2017, j'ai reçu mon épitaphe.
 
Je regardais une vidéo de Daniel Darc, dans l'émission Hep Taxi de la RTBF.
Il parle, il questionne, il boit, il déconne, il philosophe.
En fin de vidéo, entre deux gorgée de Baileys, il dit:  
«sur ma tombe, faudra mettre:  comment il savait que c'était fini?».

Daniel Darc projette son épitaphe, reprise de Jackson Pollock qu'il adorait.

J'ai donc reçu la mienne le jour-même où je revoyais cette vidéo.
Elle m'est arrivée par la poste

Et j'ai su que c'était fini.
LMG avait réalisé fosse commune, publié aux éditions les Âmes d'Atala.
C'est un bel objet, c'est une belle histoire.



L'histoire a commencé en 2011 et s'est finie ce mois-ci, avec la parution du recueil de 365 épitaphes dans fosse commune.
LMG a réalisé un protocole d'une grande rigueur, aussi rigoureux que l'est le caractère implacable de la mort.
Ces épitaphes viennent d'une invitation à imaginer et à raconter sa propre mort puis à en adresser le récit par courrier postal à LMG. Lancée en 2011, l'invitation a ainsi recueilli durant cinq années une manière d'imaginer sa propre fin.
Les dessins réalisés au graphite et à la mine de plomb pour chacun des récits permettait de fixer comment cela c'était fini...

Il m'a fallu du temps pour témoigner de ma propre mort.
Comment pouvais-je savoir que c'était fini et que ce que j'allais raconter aurait sa place dans une fosse commune où mes restes reposeraient aux côtés de ceux d'inconnues, d'anonymes?
Ma mort est venue par accident, au cours d'un événement devenu historique.
Je ne l'ai pas su tout de suite tant ce fut soudain et violent.
Mais après la stupeur, j'ai pu écrire à LMG comment j'étais mort.


En un dessin, elle a résumé ma vie par ma mort.
Comme elle l'a fait pour 364 autres personnes.
C'est assez terrible de se savoir mort.
De savoir que c'est fini.
Lisez fosse commune "entrez dans ces images comme on pénètre à l'intérieur d'un poème" et vous saurez par où nous sommes passés, nous pour qui c'est fini.






Pour consulter l'intégralité des épitaphes en ligne.

PS: c'est une belle histoire aussi parce qu'elle a été rendu possible par un financement collaboratif qui a permis de récolter plus de 8000€ pour l'édition de fosse commune

Pour découvrir fosse commune en avant-première, demandez le programme

 

jeudi 6 avril 2017

Jon John is gone - Love on Him

Jon John, le 7 nov 2015
dans sa boutique AKA, Berlin

Jon John est mort.
Il s'est éteint hier, 5 avril 2017.
A 9h33, je lui avait adressé des "pensées ensoleillées et gorgées de sourire"
Je me demande s'il les as reçues ou s'il était déjà parti.

Jon John s'était senti faiblir sous les assauts profonds et lancinants de la maladie.
Avec classe, l'artiste a construit et donné une dernière performance, le 10 mars 2017.

Jon John Love On Me

 Soutenu à distance par Ron Athey dans son projet artistique – mais aussi dans son rapport à la maladie, à la souffrance et jusque dans l'approche de la mort –, Jon John a créé sa performance d'adieu Love on Me qu'il conclut en chantant I will survive et dont on peut voir ici un résumé.

Malade, affaibli, il est allé jusqu'au bout, le sourire aux lèvres, comme toujours...
Jon John, last performance – Love On Me – 10 mars 2017
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dimanche 8 janvier 2017

Lemmy Kilmister - Life is an accident

"Everything in your life, really, is accident.
You know what I mean?
The all thing.
You think about it: All the important part of your life is an accident"
Lemmy Kilmister (1991)