samedi 14 octobre 2017

Une semaine de maître de conférences

La semaine qui vient de s'écouler (du 9 au 15 octobre) est une semaine qui a été chargée, non seulement par le temps passé à travailler et à me déplacer, mais par l'engagement sur différents plans.

Emploi du temps:

Lundi 9 octobre, participation à l'expertise collective de l'INSERM sur la dyspraxie et les enfants dys, dit autrement, sur les enfants atteints d'un Troubles Développemental de la Coordination (TDC), pour reprendre la terminologie internationale sur laquelle se sont entendu les scientifiques en 2015. Cette expertise a été lancée il y a un an. Nous en sommes

lundi 25 septembre 2017

S'aimer tatouée. Femmes, tatouages, cancer, photos, témoignages,etc



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S'aimer tatouée, c'est l'histoire de rencontres autour du tatouage.
Et c'est un livre, un beau et gros livre pour lequel une participation collective vient d'être lancée, une forme d'anticipation sur l'achat, une manière de rendre certain le fait que le livre va exister.
L'appel à souscription, c'est ici.

Les rencontres, ce sont d'abord celles qui ont eu lieu entre Nathalie Kaïd, la photographe et des dizaines de femmes tatouées, un peu, beaucoup, trop, peu importe, des femmes qui ont choisi d'imprimer dans leur chair des motifs comme autant de traces de vie.
Ce que raconte S'aimer tatouée, c'est ce que fait le tatouage à la perception que l'on a de soi.
C'est la manière dont l'encre dans la peau transforme le corps profondément au point de changer le regard que l'on porte sur soi, même si le tatouage demeure secret.
Pour chaque personne ayant accepté d'exhiber son corps, Nathalie Kaïd a capté des bribes d'histoire, des témoignages que chacune a rapporté sur cet ancrage de soi par l'encre, des moments marquants ou anodins qui se sont transformés en inscriptions, dessins, ombres, couleurs, lignes, symboles...
Et dans ces témoignages, explose la manière dont on parvient à s'aimer tatouée.

Ceci explose surtout chez les femmes qui ont souffert d'un cancer et dont le corps a été doublement altéré – par la maladie puis par les thérapies et la chirurgie – avant d'être orné d'un tatouage.

Ça n'est pas le propos de S'aimer tatouée mais le livre rassemble photos et témoignages de nombreuses femmes ainsi blessées.




C'est d'ailleurs une des belles rencontres que j'ai vécues, lors de la soirée d'octobre rose organisée en octobre 2016 à Bordeaux.

C'est là que j'ai proposé ce qui allait devenir le titre du livre "S'aimer tatouée" tant cela ressortait de chaque poignant témoignage.
Chacune avec ses mots, son histoire, revenait à la même conclusion: après le cancer, après la violence faite au corps meurtri, le tatouage permettait de se regarder à nouveau dans le miroir, remplaçait les larmes par le sourire.


Et je suis  honoré que Nathalie Kaïd ait retenu la formule pour en faire le titre du livre tant elle résume ce que font les tatouages à celles qui les portent..

En contribuant à l'appel à souscription, on rend possible l'existence d'un tel ouvrage, dont les modèles sont des femmes anonymes qui ont fait preuve d'une confiance immense en exposant leur corps à l'objectif de Nathalie Kaïd.
D'ailleurs, il suffit d'aller voir sur le site pour en savoir plus sur le livre et où tout est raconté.
C'est ici
Nathalie Kaïd
Photographe, tatouée... et photographiée

lundi 28 août 2017

La robe de Mireille Darc

Mireille Darc dans une robe qui estomaque Pierre Richard. C'est Le Grand Blond avec une chaussure noire, 1972. J'avais neuf ans. Ce film, je l'ai vu de nombreuses fois. C'était le film drôle qu'on laissait voir aux enfants. Bien sûr, Pierre Richard en pitre maladroit était au centre du film. Mais Mireille Darc en femme fatale était là.
Et j'avais beaux être un petit garçon, j'avais bien vu que sa robe produisait un effet sur Pierre Richard.  Et j'avais entendu la profondeur de son "bonsoir", sa voix... à laquelle je ne pouvais rien associer alors.
Cette robe qui habillait Mireille Darc d'un rien est sans doute aussi celle qui a fait que j'ai toujours eu de la tendresse pour elle, née du désir indicible, imperceptible qui s'est construit au fur et à mesure des visionnements, tout au long de mon adolescence.
La fonction comique de l'érotisme, incarné par une robe portée par une blonde, n'enlève rien à la perception de l'érotisme. Mireille Darc apparaissait désirable, sensuelle. C'est cette image que je garde d'elle, malgré le reste, malgré mon souci de ne pas réduire une femme à son image, fut-elle sexy.
Mais là, l'image est si forte, comme le sont les premières images que je ne pouvais rien écrire d'autre.

Ou bien alors, la regarder sourire, elle-même, sur elle-même, à propos de cette séquence, dans Le Divan de Fogiel du 28 avril 2015. Et garder le sourire attendrissant de cette dame qui avait alors 77 ans et qui vient de s'éteindre aujourd'hui.


Lire aussi et écouter, Mireille Darc, femme-sujet  la page consacrée à sa disparition sur France-Culture.



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mercredi 24 mai 2017

Et j'ai reçu mon épitaphe – Fosse commune par LMG


épitaphe: subst. fem.
1. Inscription mise sur un tombeau pour rappeler le souvenir d'une personne morte (soit par la simple mention de son nom, de ses dates, soit par un texte évoquant souvent de façon élogieuse sa personnalité ou les principales étapes de sa vie)

2. Tablette fixée sur le mur d'une église, sur un pilier, et portant une inscription funéraire
 
fosse commune: fosse ou tranchée creusée dans le sol destinée à y entasser des cadavres (les fosses communes sont plutôt réservées soit aux pauvres, soit aux morts non identifiés tués lors de catastrophes, d'épidémies, de guerres ou de révolutions)


Le 20 mai 2017, j'ai reçu mon épitaphe.
 
Je regardais une vidéo de Daniel Darc, dans l'émission Hep Taxi de la RTBF.
Il parle, il questionne, il boit, il déconne, il philosophe.
En fin de vidéo, entre deux gorgée de Baileys, il dit:  
«sur ma tombe, faudra mettre:  comment il savait que c'était fini?».

Daniel Darc projette son épitaphe, reprise de Jackson Pollock qu'il adorait.

J'ai donc reçu la mienne le jour-même où je revoyais cette vidéo.
Elle m'est arrivée par la poste

Et j'ai su que c'était fini.
LMG avait réalisé fosse commune, publié aux éditions les Âmes d'Atala.
C'est un bel objet, c'est une belle histoire.



L'histoire a commencé en 2011 et s'est finie ce mois-ci, avec la parution du recueil de 365 épitaphes dans fosse commune.
LMG a réalisé un protocole d'une grande rigueur, aussi rigoureux que l'est le caractère implacable de la mort.
Ces épitaphes viennent d'une invitation à imaginer et à raconter sa propre mort puis à en adresser le récit par courrier postal à LMG. Lancée en 2011, l'invitation a ainsi recueilli durant cinq années une manière d'imaginer sa propre fin.
Les dessins réalisés au graphite et à la mine de plomb pour chacun des récits permettait de fixer comment cela c'était fini...

Il m'a fallu du temps pour témoigner de ma propre mort.
Comment pouvais-je savoir que c'était fini et que ce que j'allais raconter aurait sa place dans une fosse commune où mes restes reposeraient aux côtés de ceux d'inconnues, d'anonymes?
Ma mort est venue par accident, au cours d'un événement devenu historique.
Je ne l'ai pas su tout de suite tant ce fut soudain et violent.
Mais après la stupeur, j'ai pu écrire à LMG comment j'étais mort.


En un dessin, elle a résumé ma vie par ma mort.
Comme elle l'a fait pour 364 autres personnes.
C'est assez terrible de se savoir mort.
De savoir que c'est fini.
Lisez fosse commune "entrez dans ces images comme on pénètre à l'intérieur d'un poème" et vous saurez par où nous sommes passés, nous pour qui c'est fini.






Pour consulter l'intégralité des épitaphes en ligne.

PS: c'est une belle histoire aussi parce qu'elle a été rendu possible par un financement collaboratif qui a permis de récolter plus de 8000€ pour l'édition de fosse commune

Pour découvrir fosse commune en avant-première, demandez le programme

 

jeudi 6 avril 2017

Jon John is gone - Love on Him

Jon John, le 7 nov 2015
dans sa boutique AKA, Berlin

Jon John est mort.
Il s'est éteint hier, 5 avril 2017.
A 9h33, je lui avait adressé des "pensées ensoleillées et gorgées de sourire"
Je me demande s'il les as reçues ou s'il était déjà parti.

Jon John s'était senti faiblir sous les assauts profonds et lancinants de la maladie.
Avec classe, l'artiste a construit et donné une dernière performance, le 10 mars 2017.

Jon John Love On Me

 Soutenu à distance par Ron Athey dans son projet artistique – mais aussi dans son rapport à la maladie, à la souffrance et jusque dans l'approche de la mort –, Jon John a créé sa performance d'adieu Love on Me qu'il conclut en chantant I will survive et dont on peut voir ici un résumé.

Malade, affaibli, il est allé jusqu'au bout, le sourire aux lèvres, comme toujours...
Jon John, last performance – Love On Me – 10 mars 2017
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dimanche 8 janvier 2017

Lemmy Kilmister - Life is an accident

"Everything in your life, really, is accident.
You know what I mean?
The all thing.
You think about it: All the important part of your life is an accident"
Lemmy Kilmister (1991)