Une semaine de maître de conférences

La semaine qui vient de s'écouler (du 9 au 15 octobre) est une semaine qui a été chargée, non seulement par le temps passé à travailler et à me déplacer, mais par l'engagement sur différents plans.

Emploi du temps:

Lundi 9 octobre, participation à l'expertise collective de l'INSERM sur la dyspraxie et les enfants dys, dit autrement, sur les enfants atteints d'un Troubles Développemental de la Coordination (TDC), pour reprendre la terminologie internationale sur laquelle se sont entendu les scientifiques en 2015. Cette expertise a été lancée il y a un an. Nous en sommes
à la phase d'écriture et de synthèse. Pas la plus facile quand on vient d'horizons scientifiques aussi divers. Mais ce travail fait non seulement apparaître ce que l'on sait, mais aussi:
1) ce sur quoi il faut produire des connaissances
2) des connaissances qui échappent aux critères de la démonstration scienifique basés sur la méthode expérimentale, tout en étant des connaissances pratiques assez largement partagées. Comme le dira la lendemain le professeur Louis Ploton,  à propos de l'accompagnement des personnes touchées par la maladie d'Alzheimer, "ça s'observe mais ça ne se démontre pas".
3) ces connaissances avérées – mais non scientifiquement validées – sont produites selon des protocoles qui passent difficilement la barrière des publications scientifiques qui, pour la plupart d'entre elles, laissent de côté une bonne part de la réalité pour lesquelles elles sont convoquées.
Finalement, ce lundi une remarque a été assez partagée par les scientifiques réunis depuis un an sur la question, une remarque qui se nourrit des connaissances pratiques, des études et de l'expérience cliniques qui complètent les expériences des familles et des enfants concernés:
en matière de Trouble Développementale de la Coordination, l'école produit du handicap, ce que j'avais déjà abordé ici ou ici. Cette piste est à explore pour identifier comment se construit la vulnérabilité des enfants atteints de ce trouble...

Mardi 10/10 matin, Université Lyon3, début du colloque "Corps et dépendance" organisé par trois doctorants de philosophie, Andrea Sagni, Quentin Bazin et Jean-Félix Gross. Et de belles interventions en matinée, de Pauline Bégué d'abord sur les médecins malades, ces médecins qui, devenus malades, doivent travailler à devenir soi autrement, à se redéfinir par la maladie en renversant leur regard sur leur soi devenu patient.
Deux autres interventions plutôt centrées sur la question de la prise en charge et de l'accompagnement de personnes très dépendantes ou bien en raison d'un lourd handicap mental altérant leur autonomie par Henri Clément et Anne Clément-Lucas ou bien en raison du vieillissement et de la perte d'autonomie due à l'âge (Christophe Humbert).
Avant d'écouter une nouvelle fois Bernard Andrieu approfondir son concept de "Corps capacitaire" ces interventions m'ont apporté de nombreuses perspectives de réflexion sur ce qu'est le pouvoir du corps mais aussi sur le soin, sur les interactions et les rapports de pouvoir qui en résultent, sur la création du désir et sa force, sur ce qu'est être capable, se rendre capable, devenir capable... sur la manière de penser l'autre, de le percevoir en fonction des altérations faites au corps...
Autour du handicap, forcément, j'ai fait des connexions avec ce que j'avais ici présenté sur Rohan Murphy, Aimee Mullins (dont on parlera deux jours plus tard à la table ronde de la BU) ou Oscar Pistorius.
Mardi Après-midi Université Lyon1, cours. Atelier d'écriture avec les étudiantes et les étudiants de première année STAPS. Le hasard a voulu que la séance porte sur l'écriture autour de l'alcool, alors que le colloque se poursuivait – sans moi – sur les addictions. Après un préambule sur Bukowski et ses premières lettres rassemblées dans le beau recueil Sur l'écriture (Au Diable Vauvert), on est allé faire un tour chez Jack London qui racontait sa rencontre avec John Barleycorn avant de finir par la lecture d'extraits de Boire de Fabienne Swiatly.
C'est à partir de ce dernier texte que de nouvelles familles ont été décrites: père, mère, frère, soeur, je...
Mardi, fin d'après-midi, Université Lyon3, fin du colloque "Corps et dépendance". Après l'écriture sur l'alcool, retour à la fac de philosophie pour terminer le colloque. J'ai animé une table ronde qui a engendré des discussions stimulantes, autour d'abord de la notion d'addiction sexuelle à la suite de l'intervention d'Alexia Jubert, avant de discuter la dépendance aux pratiques diététiques dans l'Antiquité romaine avec Dimitri Tilloi D'ambrosi. La question des normes et de la morale traversaient ces deux interventions, ainsi que la question du bien-être, des excès, du débordement. La question de la définition de l'addiction également est revenue, définition pour laquelle Maurice Dematteis chef du service addictologie au CHU de Grenoble pose la nécessité qu'il y ait souffrance du patient ou de la patiente et non seulement excès. Lucie Penel est aussi intervenue depuis la salle pour propser des témoignages cliniques et rendre compte de la manière dont les personnes en demande de prise en charge s'interrogent sur la normalité des comportements qui les dépassent.

Enfin, devant le public clairsemé des fins de colloque (neuf personnes dans la salle dont les trois organisateurs) nous avons échangé sur l'idée de "Repenser les dépendances", avec Sabine Léonard-Réty, ergothérapeute, Louis Ploton, professeur émérite de gériatrie, Didier Vinot, co-directeur de la chair "Valeurs du soin". Là encore, beaux échanges, stimulants, complémentaires, profondément humains sur les manières d'être bien plus que sur les manières d'agir.
Salle comble ou presque mais débats de haut niveau
Après avoir posé que l'autonomie se crée dans la dépendance (axiome emprunté à Edgar Morin: "Il faut être dépendant pour être autonome" dans Science avec conscience), j'ai tenté de développer une idée qui prend forme depuis quelque temps, de la formaliser un peu mieux : l'autonomie dans la modification du corps ne peut pas se faire sans une dépendance aux savoirs.
J'ai pris deux exemples, quant aux bodmods et quant aux corps trans-identitaires.
L'idée consiste à dire que l'autonomie des individus suppose une appropriation des savoirs et de techniques qui peuvent provenir du champ des sciences bio-médicales mais qui s'en affranchissent pour produire des actes que la médecine refuse de produire pour l'instant (par exemple fendre une langue ou implanter un coeur en silicone sur le dos d'une main, pratiques inutiles au sens médical du terme) ou pour se livrer à des transformations hors protocole thérapeutique normalisé (notamment pour les transformations de type transidentitaires qui refusent la dépendance à la prise en charge médicale).  Il ne s'agit pas du corps des patients dans le cadre d'une "éducation du patient" qui joue un rôle si important dans les protocoles thérapeutiques actuels, mais plutôt du savoir constitué par des sujets désirants...
Cette idée est à approfondir, forcément. Elle s'inscrit dans une véritable épistémologie du corps: que sait-on, que peut-on produire mais aussi que peut-on espérer, que peut-on faire de ces savoirs (détournés à des fins de construction de soi).

Mercredi 11/10, cours.
Atelier d'écriture et Philosophie des pratiques corporelles. Le matin, l'alcool a servi de thématique à l'écriture pour un nouveau groupe. Curieusement, l'écriture a semblé être plus difficile. Je n'ai pas encore lu les textes... Je le ferai en ce début de novuelle semaine.
L'après-midi, j'ai accompagné les étudiants de deuxième année STAPS dans l'élaboration de leur dossier sur l'éthique dans les pratiques corporelles, notamment pour les guider dans l'élaboration d'une revue de presse.

Le soir, Lambeaux de Charles Juliet, jouée par Anne de Boissy sur une mise en scène de Sylvie Mongin-Algan au NTH8

Jeudi 12/10 midi Lyon, animation de la table ronde organisée par la Bibliothèque Universitaire de Lyon1: "Corps réparé, corps augmenté?"
Cette question est un véritable marronnier et revient régulièrement dans la presse. Les grands espoirs affrontent les grandes peurs, les imaginaires s'affolent alors que les corps se bricolent.
La table ronde a été intense, stimulante, frustrante car il a fallu la clore trop tôt (les formats balisés, toujours, de telle heure à telle heure, après, il y a toujours un train, un cours, on conclue et on court et les questions restent en suspens... ce qui fait qu'elles existent)
Jérôme Goffette a posé les grands enjeux de la modification de l'humain autour de ce qu'il appelle l'anthropotechnie, c'est-à-dire les pratiques de modification de l'humain qui ne relèvent pas du médical. Son intervention, très précise dans son questionnement, a trouvé un prolongement dans celle de Paul-Fabien Groud, doctorant en anthropologie, qui a mis en évidence l'ambivalence de ce qu'il appelle l'enchantement prothétique contemporain, distinguant les aspirations à l'accroissement des potentialités humaines par la prothèse des réalités ordinaires des personnes conduites par la maladie ou l'accident à en porter (c'est lui qui est revenu sur Aimee Mullins). Devant Damien Issanchou, nouvellement recruté à Lyon1, et qui a réalisé sa thèse sur Oscar Pistorius, le débat était d'une haute tenue, encore renforcé de la présentation de Christophe Marquette qui a brossé les stimulantes et immenses perspectives de l'usage des l'imprimante 3D à des fins médicales, formulé quelques questions simples autour de la réparation.
On pose de bonnes questions face à des enjeux vertigineux (ainsi par exemple: "l'impression 3D de tissus permettra-t-elle de mettre fin aux dons?").
Puis, un train, on court, on prend le TGV, on s'assied et on tente de récupérer un fichier écrasé, celui qui présente l'état des lieux de la journée qu'on organise le 2 juin 2018 au NTH8, "La scène punk à Lyon (1976-2016)", le fichier qu'on avait promis d'envoyer avant de bosser sur une autre intervention, au lieu de ça, on refait le boulot, deux heures pour refaire ce qui était fait, quasi le trajet Part-Dieu/Gare de Lyon, entre temps gérer le budget recherche pour la semaine prochaine, plus d'argent pour payer l'hôtel à Épinal au Festival International de Sociologie, billets de train déjà pris pour Épinal, on verra plus tard pour les hôtels, le train entre en gare, on arrive à Paris, on file à l'hôtel, on vide son sac (ce qui signifie qu'on l'allège) et on repart, on va à la banque, pas la sienne, à celle qui attend qu'on soit là pour lancer  une nouvelle table ronde:

Jeudi 12/10 soir, Paris, semaine de la diversité de la BNP-Paribas, pour un débat autour des Gay Games et des conditions d'un sport inclusif.
Avec Pascale Reintau, co-présidente de Paris 2018 (c'est la seconde fois qu'on intervient ensemble - j'ai une pensée pour Manuel Picaud le second co-président, forcément, depuis le temps...), Ryadh Sallem (multi champion paralympique, co-fondateur de la CapSaaa, que je rencontre physiquement pour la première fois), Frédéric Potier (délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT-DILCRAH), Jean-Paul Cluzel et un insert vidéo de Lilian Thuram (rencontré à Beyrouth il  y a trois ans pour le Salon du Livre pour une débat "Sport, discriminations et vulnérabilité: les enjeux de l'éducation").
Encore un débat autour des Gay Games. J'en ai quelques uns au compteur. Mais à chaque fois, dans ces débats, j'avance dans l'analyse de leurs significations et de leurs valeurs. Dans la confrontation, dans l'échange, dans la perception différenciée de ces jeux, dans les oppositions qu'ils cristallisent, j'affine ma compréhension des discriminations, des rejets et des haines mais aussi de ce qui fait que les humains peuvent inventer face à cela des dispositifs de partage et de respect.
Ici, c'était l'homophobie, ailleurs, c'est le racisme ou le sexisme. Peu importe. Les haines et leurs violences se heurtent aux solidarités dont la force renforce à son tour les haines. Les Eux, les Nous, les Pas-comme-Nous, les Ils et les Elles...
Comme à chaque fois, je trouve que les Gay Games constituent un événement fondateur du point de vue des valeurs. Au moins autant que les Jeux olympiques. Ils attestent du double sens de l'institution: ce qui institue et ce qui perpétue... J'en dirai un peu plus dans le bouquin que j'y consacrerai... si je parviens à l'écrire.

Vendredi 13/10 matin, Paris College of Arts. Colloque "Le flou, le faux, le double. Troubles dans l'ornement"

À 07:48, un SMS de Benjamin Lignel "Salut Philippe tout roule? On se retrouve à 9h00?" Oui, tout roule, je boucle la communication que je ferai un peu plus tard sur les "Innovations troublantes dans l'ornement: des punks aux implants".
L'aventure avec Benjamin Lignel est une sorte de rhizome dont la racine principale a été plantée à Nîmes dès 2003, par Monique Manoha, et ses initiatives autour du corps et de l'objet. Elle a été mon initiatrice à ce monde de la création contemporaine dans le bijou. Colloques à Nîmes, expositions... Elle m'a permis de découvrir ce bel objet anthropologique qu'est le bijou que j'ai pu étudier à partir du piercing, des implants (notamment les implants subdermiques, ces bijoux qu'on ne voit pas mais qui modèlent le corps en 3D - tiens, on en a parlé la veille après l'intervention de Christophe Marquette des usages inutilitaires de l'impression 3D, ici donc pour sculpter le corps à des fins esthétiques, ce qui renvoyait à l'idée de Jérôme Goffette des "corps modulaires"). C'est à partir de là donc, dès 2003, que j'ai commencé à recevoir cette stimulation venue du Porte-objet, l'association de Monique Manoha, pour savoir ce qui fait d'un objet un bijou, et sur  la valeur que les humains accordent à ces petites choses qui se portent ou se fichent.
Ce parcours en rhizome sur le bijou renvoie donc à un travail souterrain qui ressurgit par moments, suite aux sollicitations d'Emmanuel Lacoste qui m'a confié la rédaction d'un texte pour une exposition ("Les bijoux, la langue et les entrailles") et invité en Allemagne pour le séminaire Zimmerhof (2012), ou à celles de  Benjamin Lignel qui m'a introduit à Damian Skinner pour le bel ouvrage Contemporary Jewelry in perspective (New York 2013) et plus récemment pour le tout aussi beau catalogue de l'exposition Medusa (2017).
Alors ce matin, du vendredi, oui, ça roulait pour venir parler devant Ben Lignel et Brune Boyer de l'association La Garantie même si je savais que la matinée serati frustrante de devoir la quitter pour rejoindre un second colloque, celui organisé pour le projet PIND à la Philarmonie, point important de mes recherches depuis deux ans cette histoire de la scène punk en France (1976-2016).
La frustration donc, de devoir partir après une entrée en matière stimulante à écouter Laure Carbonnel sur les Bouffons rituels du Mali, cette figure incarnée à base de vêtements et de bijoux de récuparations, figure joyeuse effrayante, transgressive et moralisante puis Massimiliano Moccia do Coggiola sur les Gagas, et faire à partir de ces dandys déclassés une petite histoire des excès de l’élégance masculine.
Mais il a fallu que je quitte la table après la discussion entre nous et avec la salle, après ma présentation du mondes corps troublants des punks et des implants, de l'épingle à nourrice au piercing et aux implants.
Je suis parti après avoir présenté une communication qui fait le lien entre cette journée consacrée aux troubles dans l'ornement et le projet de recherche que j'allais rejoindre l'après-midi. Il n'y a pas de rupture, pas de grand écart, plutôt un fondu-enchaîné sur ce que l'on fait à son propre corps dès lors qu'on s'engage contre les normes qui lissent le corps (par l'éducation, les médias dominants, les institutions...), une liaison de plus en plus claire entre ce que la scène punk a généré et son usage transgressif du bijou...
Là encore, écriture en cours... et nouveaux échanges à venir dans les prochaines journées d'étude PIND

Vendredi 13/10après-midi, Philharmonie de Paris,
Colloque Punk is Not Dead. Point étape du projet
PIND, Punk is not Dead, dirigé par Solveig Serre et Luc Robène, Financé par l'ANR.
Arrivé juste pour la présentation des Masters, des étudiants qui font leurs armes en matière de recherche sur une réalité qui est apparue une vingtaine d'années avant leur naissance (Clémence Ferrand, sur la scène punk dans la presse quotidienne (1975-1980), Tom Desplanques sur le Vieillissement de la scnèe punk en France ou encore Manuel Roux, sur le DIY comme pratiques éducatives de l'émancipation.
Et comme toujours, des approches scientifiques étonnantes comme le travail d'Eric Migliore sur la prosodie musicale des premiers punks français (1977-1988), des travaux spécifiques (comme celui de Christophe Pécout sur la scène punk normande ou de Christophe Becker), des compte-rendus de création (les photos de Sue Rynski ou le livre Les cent albums de la scène punk de Christian Eudeline), une réflexion sur les archives avec, pour la première fois, la présentation de la base de données élaborée par le projet et qui fournira un véritable outil participatif...
Et puis une table ronde qui commençait bien jusqu'à ce que la Philarmonie soit évacuée en raison de la présence d'un colis suspect... au moment où Michel Ktu nous racontait la constitution de ses archives personnels depuis le squat de la Miroiterie...
Clémence Ferrand, Sue Rynski, Luc Robène à la Philarmonie de Paris - PIND 2017
Solveig Serre à la table ronde... peu de temps avant l'évacuation
La journée s'est donc finie en queue de poisson pour ce qui est du colloque. Pour le reste, un concert a eu lieu à la salle Barbara Fleury, auquel je n'ai pas pu assiter car le lendemain je devais être à Lyon.
La journée d'étude suivante sur la scène punk en banlieue parisienne aura lieu samedi 21 octobre, soit une semaine après le colloque... ça avance...
On n'a pas pu présenter le projet du 2 juin 2018, alerte oblige... mais ça avance.

Samedi 14/10, Lyon, Conversation avec François Bon (mais sans Keith Richards).
oeil de François Bon
Dimanche 15, Il reste le dimanche... direction La Sucrière pour la Biennale d'Art contemporain et un salut à Carole Douillard et sa performance Sleepers qui se répartit parmi les autres oeuvres... autant de corps couchés par terre qui font place à la même indifférence que ceux des SDF qui peuplent les trottoirs des grandes villes, malgré les volontés politiques de les en nettoyer.





Une semaine de réflexions dispersées.
De cette dispersion, je me nourris.
Elle m'apporte de quoi approfondir chaque objet par le biais des questionnements que j'acquiers au contact d'autres chercheurs. Elle alimente le souci épistémologique de production d'une connaissance valide sur ce que font, disent, pensent et éprouvent les humains organisés en société, une connaissance validée autant par celles et ceux qui l'élaborent, que par les actrices et les acteurs sur qui elle porte et qui produisent cette réalité.

Cette dispersion nourrit aussi mon questionnement sur l'écriture et sur ses fonctions dans la diffusion de cette connaissance avec une certitude de plus en plus ancrée: l'écriture scientifique dans ses formes valorisées (par les revues notamment et les critères qui président à la sélection des articles qu'elles publient) échoue à partager le savoir avéré avec celles et ceux pour qui il est nécessaire.

Je parle beaucoup, à des publics variés: à des érudits, des spécialistes, des novices, à des étudiants curieux et à des endormis, à des cadres d'entreprises privées et à des militants...
Les savoirs et surtout les questionnements que je diffuse passent par ma parole, ce qui est insuffisant, toujours.
Et à chaque fois, je repars chargé de mots à écrire que je n'écris pas... ou alors en fragments, qu'il faudra bien rassembler un jour...

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