mardi 8 mars 2011

Sport au féminin en course vers l'égalité


Ce jour, 8 mars 2011, je participe à la soirée organisée à l'Hôtel de Ville de Lyon par Thérèse Rabatel, adjointe à l'égalité des femmes, aux temps de la ville et aux handicaps, dans le cadre de la Journée Internationale pour le Droit des Femmes.
Cette année, le thème choisi pour réfléchir à cette question du Droit des femmes est celui du sport, activité futile et anodine... en apparence tout au moins. Car il importe de rappeler que jusqu'à une période très récente, les femmes n'avaient pas le droit de pratiquer les sports (interdiction réglementaire).
La pratique des sports constitue ainsi un révélateur des inégalités entre les femmes et les hommes, tant au plan historique que sociologique ou économique.
Il suffit d'observer les inégalités d'accès à cette pratique de loisir pour s'en convaincre. Il suffit, de même, de constater que le sport professionnel est sans doute le dernier lieu dans lequel – pour un travail égal – l'existence d'écarts de salaires hallucinants entre celui des hommes et celui des femmes semble ne pas poser de problème.


Les trois axes retenus pour discuter cette "course vers l'égalité" présentent chacun une entrée originale pour comprendre ce que révèle le sport, dès lors qu'on l'interroge du point de vue du sexe et du genre.

La question de la liberté est celle de l'accès de toutes à toutes les pratiques sportives. Cette question invite à interroger la manière dont les femmes ont dû conquérir cette citadelle masculine qu'est le sport, citadelle inventée par des hommes pour former des hommes, à partir d'un passe-temps dans lequel ils allaient chercher à produire un "effort superflu" (de Coubertin) et duquel les Femmes étaient exclues. L'accès de toutes à toutes les pratiques n'est pas allé de soi, et il faut attendre les années 1980 pour que des activités comme l'haltérophilie, la boxe ou certaines spécialités comme le triple saut ou le lancer de marteau leur soient réglementairement accessibles.
D'ailleurs, l'entrée des femmes dans ces pratiques connotées comme des pratiques masculines engendre résistances, interrogations ("ces femmes sont-elles bien des femmes?"), jugements ("c'est quand même pas joli des femmes qui se roulent par terre" ou, variante, "le foot, ou le basket, c'est quand même pas beau quand c'est joué par des nanas") et mise en question ("c'est pas fait pour elles", à moins que les femmes ne soient "pas faites" pour ça...). Sur ce point, je renvoie au "documentaire vivant" mis en scène par Judith Depaule dans Corps de femmes et sports d'hommes.
La question de l'égalité est donc celle du choix mais aussi celle des plaisirs. Et sur ce point, le 8 mars constitue un moment de la réflexion. Le droit de choisir ses loisirs, le droit de choisir son plaisir, fut-il connoté comme un plaisir masculin, semblent en effet des droits aujourd'hui difficilement contestables. Et pourtant, ces droits se heurtent encore aux représentations sexistes voire homophobes.

La question de la parité constitue une autre entrée pour penser l'égalité. Le monde des sports est historiquement un monde d'hommes. Et il l'est encore, tant au plan de ses dirigeants (voir sur ce point l'interpellation des Féministes de La Barbe au Comité Olympique), qu'à celui des entraîneurs ou des arbitres.

Thérèse Rabatel
Enfin, la question de la notoriété, est, dans le sport sans doute bien plus révélatrice que dans d'autres domaines. Qui connaît, en dehors des spécialistes, le nom de la capitaine de l'équipe de France de Football? Qui sait que les joueuses de l'Olympique lyonnais ont joué une finale européenne, ce que leurs homologues hommes n'ont encore jamais réalisé?


Le programme complet de l'ensemble des manifestations organisées par la ville de Lyon pour la Journée Internationale pour le Droit des Femmes.

Des données de l'INSEE sur le taux de pratique sportive et de licences associées selon le sexe.

Pour prolonger le débat: L'égalité femme/homme dans la pratique sportive : l'exemple américain. Le propos est un peu biaisé par le fait que l'auteur parle des établissements scolaires et universitaires. L'organisation des sports aux Etats-Unis est en effet très différente et s'appuie prioritairement sur ces structures, alors qu'en France, elle passe principalement par des structures privées associatives (les clubs) ou marchandes.
Pour comparer ce qui est comparable, il faut voir ce qui se fait aux plans scolaire et universitaire. Voir sur ce point les objectifs de l'UNSS (Union National du Sport Scolaire), qui se définit comme la première fédération sportive féminine en France.

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